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Chapitre 2

Ce fut un son qui me tira de ce monde froid et obscur dans lequel j’avais plongé. Un son fort. Désagréable. Assourdissant.

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Les paupières lourdes, j’ouvris péniblement les yeux. Il me fallut un certain temps avant que ma vision ne s’éclaircisse. Je relevai lentement la tête, avec l’impression qu’un marteau-piqueur s’était logé dans mon crâne. Je grimaçai et levai le bras pour me toucher le front. Tout mon corps me semblait aussi lourd que du plomb et courbaturé comme si j’étais passé dans un rouleau compresseur.

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Un gémissement m’échappa et je battis des paupières, le souffle court, puis regardai autour de moi.

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Le chaos me frappa de plein fouet.

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C’était un véritable désastre. L’avion avait été complètement éventré. Je me serais cru dans la scène d’un film post-apocalyptique. J’étais entouré de cadavres dont certains étaient à moitié brûlés, à peine reconnaissables, maculés de poussière et de sang séché. Il y avait de la nourriture au sol, des chariots renversés, des sièges arrachés, des hublots cassés, des rideaux déchirés…

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Un bien triste spectacle pour une journée qui avait commencé sur les chapeaux de roues.

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Puis… une pensée terrifiante me traversa l’esprit et je me tournai tout à coup vers Axel, livide. Il était toujours là, à côté de moi. Inconscient. Ou peut-être mort.

Paniqué, je me penchai et serrai son poignet pour prendre son pouls. Quand je le sentis, le soulagement fut si intense que des larmes perlèrent immédiatement à mes yeux.

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— Putain… Me refais plus jamais ça, je bredouillai.

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D’un geste nerveux, les mains tremblantes, je me détachai et tentai de me lever. Une douleur fulgurante me traversa la cuisse. Je criai, surpris, et m’enfonçai brutalement dans mon siège, les yeux baissés vers ma jambe. Un morceau de métal la traversait. Du sang tâchait mon pantalon. La panique monta en flèche en moi et je m’agrippai avec force à mon siège, comme pour tenter de canaliser la peur et garder l’esprit lucide.

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— Ok, ça va aller Kylian, me murmurai-je à moi-même. Axel est vivant, peut-être que d’autres passagers aussi. Maintenant, tu dois trouver des survivants et appeler les secours.

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Je tentai à nouveau de me lever, mais la douleur me lançait terriblement. Une fois debout, mon regard balaya rapidement la scène, avec le vain espoir de voir des gens remuer, même faiblement. Mais je réalisai rapidement que tous restaient immobiles, figés, comme si le temps s’était interrompu.

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En tout cas… s’était-il arrêté pour eux.

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Mon cœur rata un battement. Je pinçai les lèvres et ravalai les larmes qui menaçaient de couler, puis fouillai ma poche à la recherche de mon téléphone. L’écran s’alluma, mais aucun réseau n’était disponible et je n’avais plus que vingt pour cent de batterie disponible.

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Seulement vingt pour cent.

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Combien de temps étais-je resté inconscient ?

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— Quelle merde…

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J’ignorais où nous nous trouvions. Je n’avais qu’une seule certitude : nous étions en plein milieu d’une forêt. Restait à savoir laquelle sur le globe terrestre.

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Le toit de l’avion avait été arraché et il me suffisait de lever la tête pour apercevoir la cime des arbres. En revanche, le son des turbines encore en marche remplaçait le chant des oiseaux et une odeur de brûlé masquait l’odeur humide de la terre et des feuilles.

Je passai ma langue sur les lèvres sèches et gercées, puis commençai à secouer Axel pour tenter de le réveiller. Il émit un grondement rauque. Un seul son.

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Un seul.

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Et pourtant, ce fut comme si un poids immense venait de quitter mes épaules. Je lâchai un profond soupir et me penchai, front posé contre le bras qui reposait sur l’appui-tête du siège juste en face de moi.

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— Putain, t’es réveillé… J’ai eu une sacrée frayeur.

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Je relevai à peine la tête alors qu’Axel battait des cils et émergeait lentement, le teint cireux et les yeux vitreux. Il ne semblait pas en meilleure forme que moi, mais ça ne pouvait que se comprendre.

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Il lui fallut un certain temps pour réaliser ce qu’il s’était passé. Je vis son regard se décomposer au fur et à mesure que ses yeux parcouraient la scène et qu’il prenait conscience de l’ampleur de la situation. Puis nos regards se croisèrent et le soulagement traversa fugacement son visage.

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— Kylian… Il s’est passé quoi ? souffla-t-il.

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— Ben, je sais pas... Ça paraît un peu évident, non ?

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Je me sentis presque dans l’obligation d’ajouter une pointe d’humour, comme si cela pouvait suffire à chasser la panique que je sentais monter en lui :

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— Un avion. Des secousses. Un crash. Je m’étonne juste qu’il ait pas fait glou glou.

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Je vis le petit frémissement à la commissure de ses lèvres alors qu’il se détachait, encore sonné. Il s’appuya sur son siège pour se relever, testant la solidité de ses jambes au passage.

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— Des survivants ?

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Je secouai la tête.

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— Je viens de me réveiller, mais… Je n’entends aucune voix et je n’ai vu personne bouger.

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Axel s’avança jusque dans le couloir de l’allée et étudia une seconde fois la scène. Je le vis s’agiter et commencer à vérifier le pouls ou la respiration de tous les passagers présents, le visage déconfit.

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— Axel, je soupirai. Je crois que ce n’est pas la peine…

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— Comment tu t’expliques qu’on soit les deux seuls abrutis à avoir survécu à un tel crash alors que tous les autres sont morts ?

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Je restai silencieux et le laissai faire. Le cœur serré, je m’éloignai, mon téléphone à la main. Malgré le manque de réseau évident, je tentai malgré moi d’appeler les secours. La ligne sonnait constamment occupée. Je sifflai entre mes dents, agacé, et me tournai vers Axel qui continuait de parcourir les rangées, les yeux humides de larmes.

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J’essayai d’ignorer le pincement au cœur et une idée soudaine me traversa l’esprit. Je cliquai sur le logo de Google maps pour voir où se situait mon point.

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Il était perdu au milieu de l’Océan Atlantique depuis près de six heures maintenant.

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Mon souffle se coupa et je recommençai la manipulation plusieurs fois d’affilée, mais rien ne changeait. Alors je cliquai sur le partage de connexion puis le nom d’Axel. Lui aussi se trouvait perdu au milieu de l’océan. L’application devait sûrement buguer à cause de l’absence de réseau. Autrement, je ne l’expliquais pas.

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Nous étions bien au-dessus de l’océan au moment du crash, mais peut-être une île s’était-elle trouvée là, encore inconnue du monde. Ou alors n’étions-nous pas suffisamment éloignés des côtes françaises à ce moment-là.

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Je gardai cette pensée pour moi, car elle nourrissait l’espoir que nous étions en territoire plus ou moins connu et que les secours pouvaient arriver à tout instant.

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— C’est une bonne chose, me dis-je à moi-même.

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Axel revint vers moi, l’air dépité. Incapable de prononcer le moindre mot, il se contenta simplement de secouer la tête. Je posai une main amicale sur son épaule.

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— Viens, nous devons commencer par sortir d’ici et ensuite… nous aviserons.

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Il nous fallut enjamber des cadavres et des sièges pour atteindre un trou dans la coque de l’avion qui donnait sur l’extérieur. C’est à ce moment, alors que je peinais à soulever ma jambe blessée, qu’Axel remarqua l’objet qui traversait ma cuisse. Je tentai de le rassurer alors que je le voyais paniquer. Il m’aida à franchir les derniers obstacles, jusqu’à ce que nous réussissions à nous extirper de l’avion.

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Une fois hors de cette vision d’horreur, j’inspirai profondément, soulagé. Axel, lui, allumait son téléphone et vérifiait le réseau.

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— Y a rien, ici, soufflai-je. Il va falloir… qu’on marche jusqu’à avoir du réseau ou trouver un endroit duquel appeler les secours.

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Axel pinça les lèvres et rangea son téléphone après l’avoir à nouveau éteint.

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— Je vais essayer de conserver la batterie. Il faut qu’on avance, mais je ne sais pas où on est.

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— Dans une forêt.

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Il me regarda longuement et je vis l’étincelle d’amusement briller dans ses yeux. C’était un début.

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— Je vais t’aider à marcher, viens.

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J’acceptai volontiers son aide et passai mon bras au-dessus de ses épaules. Nous commençâmes à marcher vers une direction au hasard, sans vraiment savoir où nous allions. Un silence plana entre nous un long moment, pendant lequel je voyais le regard d’Axel, étrangement calme et pensif, qui parcourait la forêt des yeux.

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N’y tenant plus, je finis par lui poser la question qui me brûlait tant les lèvres :

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— Qu’est-ce qu’il y a ?

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— Je repense à ce que tu as dit, lâcha-t-il. On était au-dessus de l’Océan Atlantique, pourquoi est-ce qu’on n’a pas fini au fond de l’eau ?

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— Les mystères de la physique, j’imagine ?

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Il arqua un sourcil et réajusta ma posture, m’obligeant à me redresser, tandis que nous avancions à un rythme lent. Je savais bien qu’il n’était pas convaincu, je connaissais suffisamment Axel, maintenant, pour le comprendre.

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Chaque pas était une véritable torture pour moi. Ma blessure me lançait terriblement, ma jambe flanchait et Axel me rattrapait. Nous continuions d’avancer avec détermination, dans l’espoir de trouver de l’aide. Mais plus nous avancions, plus mes espoirs s’amenuisaient.

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J’avais perdu la notion du temps. J’avais cette impression que nous marchions pendant des heures, que le sentier battu que nous avions trouvé était sans fin et que cette forêt n’en finissait pas. Il n’y avait aucun signe de vie. Axel allumait régulièrement son téléphone pour vérifier son réseau et tenter des appels, en vain. Le jour commençait à décliner et à mesure que les environs s’assombrissaient, certaines plantes paraissaient s’illuminer.

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— J’ignorais qu’il y avait de la végétation bioluminescente en forêt, fis-je remarquer.

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— Moi aussi, mais… c’est un avantage. Ça va peut-être nous permettre de nous éclairer un peu, fit remarquer Axel.

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Il n’avait pas tout à fait tort.

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Nous continuâmes de marcher, bras dessus bras dessous, jusqu’à ce qu’un bruit étrange nous oblige à nous arrêter. Alertes, je me tournai vers un buisson sur notre gauche qui frémissait anormalement. J’échangeai un regard avec Axel qui resserrait sa prise sur moi.

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— Qu’est-ce que c’est, d’après toi ? Chuchota-t-il contre mon oreille. Un animal sauvage ?

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— Pourquoi ? T’as déjà vu une vache brouter dans la forêt ? rétorquai-je.

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Ma blague n’eut pas l’effet escompté. Il me fusilla du regard, mais ses yeux revinrent rapidement sur le buisson qui s’agitait de plus en plus fort… jusqu’à ce qu’un sanglier en surgisse. Nous restâmes parfaitement immobiles, étonnés sans vraiment l’être, mais tout aussi surpris.

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— Ne bouge surtout pas, souffla Axel.

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Sans quitter la bête des yeux, qui reniflait le sol en nous ignorant superbement, je lui répondis :

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— Ce n’est pas un dinosaure.

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Le sanglier leva la tête et ses yeux perçants nous scrutèrent avec méfiance. Aucun de nous n’osa bouger, pas même respirer, inquiets à l’idée qu’il puisse charger. La fuite n’était pas de rigueur pour moi et je savais qu’Axel refuserait de m’abandonner.

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Le sanglier gratta le sol et tapa furieusement son sabot sur la terre meuble en grognant.

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A ses yeux, je compris immédiatement que nous n’avions absolument pas la moindre chance de nous échapper. La bête était décidée, elle allait attaquer.

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J’inspirai profondément, me préparant mentalement à la douleur qui allait suivre le choc.

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La charge ne vint jamais.

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Le sanglier émit un cri d’agonie aigu avant de s’effondrer lourdement au sol, dans un bruit sourd, une flèche fichée dans son crâne.

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La bête était vaincue.

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Et nous ignorions par qui.

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© 2016 par Maud Sétan. Créé avec Wix.com

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